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Patrick Espagnet est mort
Par Frederic Sallet

19 janvier 2004 /

Diplômé de l’IUT en 1980 (Année Spéciale) Patrick Espagnet est décédé à Bordeaux le 18 janvier 2004. Le texte suivant a été publié dans Sud Ouest lundi 19 janvier, sous la plume de Christian Seguin.



Patrick Espagnet est mort hier, probablement au lever du jour, chez lui à Bordeaux, seul, à quelques pas de la place de la Victoire. L’ancien journaliste de « Sud Ouest » aurait eu 54 ans en août. Chez nous, il a vécu une quinzaine d’années, en marge des convenances, comme un clochard céleste, entier, brillant, excessif. Celui que nous appelions le « joli petit talonneur de Grignols » ne traversait pas la vie dans le passage clouté qui mène au salon de thé. Il était du dehors, du feu des grands soleils du sport, des ovations taurines, des empoignades de l’amitié dans les bistrots où l’on se regarde dans les yeux.

Patrick Espagnet était fier d’être un fils de la Haute Lande et son atavisme de gemmeur aurait pu l’y faire rester. On ne sait quel vent de terre l’avait d’abord poussé en faculté de droit où il s’était illustré en tête de mêlée, dans le même attelage que Bernard Lapasset, l’actuel président de la Fédération française de rugby. Puis en faculté de lettres qui ne menait qu’au plaisir de savoir lire.

Un jour, Patrick Espagnet a voulu devenir journaliste, alors que les mouvances alternatives de 68 l’avaient collé à la plonge du Piano en croûte, un restaurant du vieux Bordeaux. Il s’’était inscrit à l’IUT à l’âge où les autres ont déjà entamé un plan de carrière et il avait envoyé une série d’articles au journal. De Libourne à Pau, à la rédaction locale de Bordeaux et au service des sports, « Sud Ouest » s’est honoré d’accueillir un type hors normes, un type à pleurer. Quand il aimait, il criait, quand il ne comprenait plus, il était muet de larmes.

De ce parcours incandescent, nous garderons sa relation viscérale au sport à qui il doit d’avoir été heureux. Patrick Espagnet avait cette sensibilité qui suppose qu’on la dissimule pour continuer de vivre. Qu’il soit sous le panier du grand Orthez, à la Coupe du monde de rugby de 1995, derrière la main courante des Béglais, au coeur de l’académie où il retrouvait la joie pure de l’enfance, Patrick nous a donné le roman vrai des profondeurs de notre région. On attendait Espagnet parce qu’il exprimait un patrimoine sudiste, une oralité mise en mots, avec suffisamment d’ampleur et de générosité pour intercaler quelques moments de grâce. Il faut ouvrir ses trois recueils de nouvelles : « Les Noirs », « Quinze histoires de rugby » et « La Gueuse », pour comprendre à quel point il voulait lire le coeur des hommes. La musique ne s’éteint pas. Nous sommes seuls avec son talent.


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